Communiqué de Presse

26 mars 2008 - Espace Mendès France, Poitiers

Réhabiliter la sieste

En ces périodes de stress généralisé, redécouvrons un geste et un plaisir essentiel. Celui de la sieste… La sieste procure un moment d'évasion et de réverie qui stimule l'imagination et la créativité, certaines études récentes en soulignent les vertues thérapeutiques voire aussi ses impacts sur l'augmentation de la productivité au travail ou la diminution des accidents de la route. Conscientes des bienfaits de la sieste, certaines entreprises mettent en place une séance de sieste de 15 à 30 minutes

L'Espace Mendès France aborde le sujet par trois initiatives originales :

Un repas performance artistique Nappening one - la sieste "décomplexée"

Le lundi 21 avril à 19h
Un repas convivial avec la participation active de artistes de la compagnie Les contrebandiers du temps, Marie-Pierre Thomat et Arno Tartary, en partenariat avec le lycée de l’image et du son d’Angoulème et le GRETA de Charente. "Napenning" vient de la contraction de nap (sieste) en anglais et de happening. En effet, le sujet essentiel de ces travaux artistiques, plastiques et sonores, repose sur l'intérêt que nous portons à ce petit moment réparateur tout en symboles.

Diner en quatre temps
  • Séquence 1 - "Le sas sensible" avec les Contrebandiers du Temps.
  • Séquence 2 - Le repas ou les nourritures terrestres avec Thierry Paquot, auteur de l'Art de la Sieste, André Le Hir, comédien, et Eric Mullens, médecin, spécialiste du sommeil.
  • Séquence 3 - La sieste ou l’écoute du temps biologique A la fin du repas, tout le monde va siester dans le planétarium. Écoute en multi-canal de l’île aux oiseaux.
  • Séquence 4 - La renaissance au monde du temps productif Autour d'un café ou d'un thé, un débat informel sur nos quotidiens entre siesteurs, artistes et intervenants, animé par un chercheur du Centre d'étude sur l'actuel et le quotidien. Tarif : 12 € / Inscription nécessaire au 05 49 50 33 08

Une conférence La sieste : un vrai médicament

mardi 22 avril à 20h30 à l'Espace Mendès France
Conférence de Eric Mullens, médecin somnologue dans le Tarn, et Francine Harmandon, médecin du travail à Toulouse.

Siestes sonores L'île aux oiseaux

Diffusion en multi-canal au Planétarium tous les jours du 22 au 26 avril à 13h45

Petite ou grande, l’île est gigantesque par ce qu’elle représente : un véritable sanctuaire isolé du temps productif, sans eau courante ni électricité. Quelques cabanes aux couleurs vives lancent un défi aux maisons de milliardaires ceinturant le bassin d’Arcachon.Très bien protégée par les parcs à huîtres l’entourant, elle reste difficile à atteindre à marée haute comme à marée basse, car c’est alors la vase qui en rend l’accès pratiquement impossible. Comme dans une grotte, on se sent “en situation de solitude rêveuse” propice aux sentiments de détente et d’abandon, on est hors la réalité, par-delà le temps productif.

Dossier

La sieste désigne un temps de repos pris au milieu de la journée, le plus souvent après le repas de midi. Sa pratique diffère selon les cultures, le climat et les individus. Il est important de distinguer la siéste éclair (power napen anglais) qui dure généralement entre 10 et 30 minutes, et permet de regagner concentration et énergie. La sieste est couramment pratiquée dans les pays chauds, aux heures les plus chaudes lorsque le soleil est au zénith : la chaleur ne permet pas d’activité très physique et le travail est remis aux heures plus fraîches. Dans les pays plus froids, la sieste est moins courante. Les enfants en bas âge ont souvent besoin d’un tel moment de repos, au moins sous la forme d’un « temps calme » organisé dans les structures d’accueil (écoles, centres de loisirs ou de vacances). Pour les adultes, en Occident, la sieste est souvent vue comme un « luxe », un temps volé au temps de travail ou à d’autres activités. Lors de la sieste, il est possible de s’allonger simplement ou de dormir franchement. Le temps varie selon les personnes, de dix minutes à plusieurs heures.

La sieste : une histoire de malentendu sociétal ?

Le malentendu (du moins en France) commence dès la petite enfance : un bon enfant n’est-il pas un enfant sage “qui fait ses siestes” sans problème, ceux ne la faisant pas étant examinés à la loupe, taxés « d’hyperactifs », bref suscitant l’inquiétude parentale.
Or, si le respect du petit roupillon bénéfique est respecté jusqu’à la maternelle, tout bascule à l’entrée au cours préparatoire : du jour au lendemain, un rythme “productif” est demandé aux enfants accompagnés d’un cartable de 3 kilos et de la suppression de la sieste si soigneusement entretenue les années auparavant…

La cassure du rythme biologique serait donc la porte d’entrée dans une société marquée par son application des rythmes entièrement dévolus au temps productif depuis que Monsieur Taylor a inventé l’OST : l’Organisation Scientifique du Travail.
Le malentendu va durer jusqu’à la retraite où étant sorti du temps productif, vous pouvez de nouveau vous adonner à cette petite pratique réconfortante.

Et si l’on considérait que le troisième âge n’est pas siesteur uniquement pour réparer une fatigue quotidienne due aux années de travail accumulées, mais aussi pour retrouver tout simplement son temps biologique ?

Entre temps, pour les pauvres actifs que nous sommes, plus question de sieste, trop souvent synonyme de temps perdu…

Et pourtant ! Tous les chercheurs des laboratoires du sommeil insistent sur les bienfaits de ce petit temps de récupération : il diminuerait les méfaits du stress en termes de maladie cardio-vasculaire et plusieurs études (dont celles du docteur Mullens, le fondateur du laboratoire du sommeil albigeois) soulignent que 20 minutes de sieste quotidienne augmenterait de façon notoire la vigilance de chacun et par là même… la productivité !
Au Japon par exemple, la pratique de la sieste sur les lieux de travail est encouragée par le ministère de la Santé.

En France, médiatiquement, la sieste devient à la mode (et c’est tant mleux), et du côté des entreprises, une tendance timide tend à s’amorcer en termes de management en essayant de prendre en compte la sieste comme une pratique pouvant améliorer la performance de l’individu dans l’entreprise.

Mais curieusement, on parle peu du fond du problème : tout être humain est dépendant du rythme circadien, le rythme biologique sur une période de 24 heures en fonction de notre horloge interne et de l’alternance nuit/jour.

Deux périodes de baisse de vigilance y sont relevées : entre 3 heures et cinq heures du matin et entre 13 heures et 15 heures l’après-midi. Or, la durée moyenne de sommeil a baissé d’une heure et demie en un siècle (7 heures trente aujourd’hui), et la plupart des accidents graves du travail se produisent durant ces baisses de rythmes journaliers.

Evoquer le temps de sieste, c’est tout simplement poser la question de la validité de nos rythmes sociétaux ne prenant pas assez en compte le respect du “découpage” temporel propre à chacun. Ballottée entre temps productif et temps biologique, la sieste est un besoin naturel et fondamental en mal d’acceptation et de reconnaissance.

Au travers de ses installations, les « Contrebandiers du temps » invitent des audio-spectateurs à partager et à nourrir le débat sur le temps quotidien.
Donc : courage siestons ! En hommage aux siesteurs et siesteuses espagnols qui ne sont plus que 20 % à pratiquer contre 50 % dans les années 80.

SCENOGRAPHIE DU PROJET Nappening one.

« Napenning » vient de la contraction de nap (sieste) en anglais et de happening. En effet, le sujet essentiel des travaux artistiques (plastiques et sonores) des Contrebandiers du temps repose sur l’intérêt que nous portons à ce petit moment réparateur, tout en symboles.

La sieste « décomplexée »…

Nous voulons étendre notre action artistique à la pratique de la sieste à ciel ouvert et pouvoir toucher un public plus large au sein de l’espace Mendès-France de Poitiers.

Napenning one est une performance non plus organisée autour d’écoutes par casques, mais diffusée en multi-canal sur les installations sonores du planétarium. En effet, si nous restons persuadés que la sieste relève de l’intimité, ce moment privilégié peut néanmoins se révéler festif et être partagé par le plus grand nombre, toujours de façon à nourrir le débat sur le découpage du temps quotidien.

L’idée est d’amener les gens, à travers un parcours, un cheminement en quatre séquences créé dans l’enceinte du planétarium, vers une réflexion sur leur propre rythme biologique. Il s’agit de leur permettre d’évoluer individuellement, de façon singulière et autonome dans le domaine de la sieste revendicatrice, la sieste décomplexée…

Nous organisons la performance autour d’une diffusion spatialisée de l’histoire que nous avons intitulé l’ile aux oiseaux. On amorce le parcours en passant dans un « sas sensible ». Avant et après la diffusion de la sieste (comme un cœur bat en diastole et systole) nous occupons deux plateaux différents : un espace dédié à la restauration et un lieu de débat, d’échanges et de discussions.

Quelques créations-lumières en forme d’ébauches lumineuses viennent éclairer les quatre séquences du parcours proposé par la performance.

La performance se déroule à travers trois approches complémentaires de la sieste de manière à en établir une typologie singulière. C'est un parcours qui traverse trois lieux de compréhension de la sieste : le repas ou les nourritures terrestres, la sieste proprement dite ou l’écoute du temps biologique, la renaissance au monde du temps productif.

DIFUSIONS DE « L’ILE AUX OISEAUX » EN MULTI-CANAL

Pour la première fois, nous proposons cette performance en multi-canal. La mise en muti-canal sera réalisée sous la direction technique de François Serre, chargé d’enseignement dans les formations professionalisantes (BTS) du Lycée de l’Image et du Son d’Angoulême.Georges Beaux, compositeur et directeur artistique reconnu, supervisera ce travail.

Nous utilisons le son comme un vecteur de réflexion et construisons notre oeuvre autour de la métaphore, champ des possibles du réel, de la réalité perçue. Nous fabriquons des films de vingt minutes tout en sons. Le parallèle avec un film-cinéma réside dans l’imaginaire de la fiction.

Scénographie et dramaturgie existent avec des scènes enregistrées par une gamme de microphones créée pour l’occasion, comme un chef-opérateur de cinéma choisirait ses objectifs en fonction du scénario à filmer. Ainsi va ce récit : sans caméra, dans la nature et en intérieur. Différentes valeurs de plans sonores (plans larges, plans moyens, gros plans), s’appuient sur la musicalité des sons choisis pour provoquer un état de rêverie convoquant la sieste.

L’audio-spectateur est invité à s’immerger dans cette histoire sonore spatialisée et a reconstituer, via son imaginaire, ses propres images.

Conclusion

Ainsi il s’agit bien, pour le public, d’être actif et non passif.
Marshall Mc Luhan faisait remarquer à juste titre que l’histoire entendue, le son et ses applications médiatiques (la radio…), demandait une véritable participation de l’audio-spectateur. Fonctionnant comme stimuli sonore, l’histoire invite l’imaginaire a produire ses propres images mentales. Véritable acte de création individuelle provoqué par la démarche artistique.

L’idée a germé à la suite de quelques séjours sur l’Ile aux Oiseaux et après la lecture d’un ouvrage de Gaston Bachelard : La terre et les rêveries du repos.

L’île est complètement soumise au flux et reflux des marées, elle se laisse ensevelir pour ne former qu’un îlot de cinq kilomètres de circonférence à mer haute contre seize à basse mer. Son nom, elle le doit aux nombreux oiseaux qui y passent le temps d’une migration ou y vivent et s’y reproduisent. Aigrettes, courlis cendrés, bécasseaux, poules d’eau noires et sarcelles trouvent dans les crassats et les mattes qui entourent l’île une nourriture de choix.

L’envie est venue de faire le parallèle entre une île et une grotte. A propos de la grotte, Bachelard écrit : "la grotte est un refuge dont on rêve sans fin. Elle donne un sens immédiat au rêve d’un repos protégé, d’un repos tranquille. Passé un certain seuil de mystère et d’effroi, le rêveur entré dans la caverne sent qu’il pourrait vivre là. Qu’on y séjourne quelques minutes et déjà l’imagination emménage”.

Pour l’audio-spectateur, il ne s’agit pas de sommeil à proprement parlé, car il ne faut pas confondre rêveries de la sieste et sommeil de la nuit. Dans l’histoire, c’est lui qui joue le premier rôle, son imagination est au pouvoir.
Dans la poétique de la rêverie, Bachelard précise : "Le repos du sommeil ne délasse que le corps. Il ne met pas toujours, il met rarement l’âme au repos, le repos de la nuit ne nous appartient pas. Il n’est pas le bien de notre être. Le sommeil ouvre en nous une auberge à fantômes. Il nous faut le matin balayer les ombres… Bien au contraire, la rêverie du jour bénéficie d’une tranquillité lucide. Même si elle se teinte de mélancolie, c’est une mélancolie reposante, une mélancolie liante qui donne une continuité à notre repos".

Références

Programme d'actions sur le sommeil

Liens

  • Unité d'Exploration du sommeil - Service de Neurophysiologie Clinique
    Centre Hospitalie, 79021 Niort
  • Service de Neurophysiologie Clinique - Cité Hospitalière de la Milétrie
    BP 577 - 86021 Poitiers Cedex

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Crédit photo : Alexandra Pouzet (2008) Crédit photo : Alexandra Pouzet (2008) Crédit photo : Alexandra Pouzet (2008)

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Type Communique De Presse
Classement Espace Mendes France
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Topic revision: r6 - 13 May 2012, ThierryPasquier
 
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